Empfehlungen basierend auf "L'expérience intérieure"

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von Emmanuel Carrère

"À quelques mois d'intervalle, la vie m'a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents, celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu'un m'a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n'écris-tu pas notre histoire ? C'était une commande, je l'ai acceptée. C'est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l'amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d'un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s'occupaient d'affaires de surendettement au tribunal d'instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d'extrême pauvreté, de justice et surtout d'amour. Tout y est vrai."

von Albert Camus

"Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide." Avec cette formule foudroyante, qui semble rayer d'un trait toute la philosophie, un jeune homme de moins de trente ans commence son analyse de la sensibilité absurde. Il décrit le "mal de l'esprit" dont souffre l'époque actuelle : "L'absurde naît de la confrontation de l'appel humain avec le silence déraisonnable du monde."

von Annie Ernaux

Elle a trente ans, elle est professeur, mariée à un «cadre», mère de deux enfants. Elle habite un appartement agréable. Pourtant, c'est une femme gelée. C'est-à-dire que, comme des milliers d'autres femmes, elle a senti l'élan, la curiosité, toute une force heureuse présente en elle se figer au fil des jours entre les courses, le dîner à préparer, le bain des enfants, son travail d'enseignante. Tout ce que l'on dit être la condition «normale» d'une femme.

von Simone De Beauvoir

"Comment la femme fait-elle l'apprentissage de sa condition, comment l'éprouve-t-elle, dans quel univers se trouve-t-elle enfermée, quelles évasions lui sont permises, voilà ce que je chercherai à décrire. Alors seulement nous pourrons comprendre quels problèmes se posent aux femmes qui, héritant d'un lourd passé, s'efforcent de forger un avenir nouveau. Quand j'emploie les mots "femme" ou "féminin" je ne me réfère évidemment à aucun archétype, à aucune immuable essence ; après la plupart de mes affirmations il faut sous-entendre "dans l'état actuel de l'éducation et des moeurs". Il ne s'agit pas ici d'énoncer des vérités éternelles mais de décrire le fond commun sur lequel s'élève toute existence féminine singulière." Simone de Beauvoir.

von Alexandre Dumas

La maison était triste parce qu'elle avait des remords ; elle avait des remords parce qu'elle cachait un crime. "Oh ! qui dit que c'est un crime ? reprit Villefort, tentant un dernier effort. - Comment ! un enfant enterré vivant dans un jardin, ce n'est pas un crime ? s'écria Monte-Cristo. Comment appelez-vous donc cette action-là, monsieur le procureur du roi ? - Mais qui dit qu'il a été enterré vivant ? - Pourquoi l'enterrer là, s'il était mort ? Ce jardin n'a jamais été un cimetière. - Que fait-on aux infanticides dans ce pays-ci ? demanda naïvement le major Cavalcanti. - Oh ! mon Dieu ! on leur coupe tout bonnement le cou, répondit Danglars. - Ah ! on leur coupe le cou, fit Cavalcanti. - Je le crois... N'est-ce pas, monsieur de Villefort ? demanda Monte-Cristo. - Oui, monsieur le comte", répondit celui-ci avec un accent qui n'avait plus rien d'humain

von Simone de Beauvoir

Product Description Plutarque raconte qu'un jour Pyrrhus faisait des projets de conquête. "Nous allons d'abord soumettre la Grèce, disait-il. - Et après ? dit Cinéas. - Nous gagnerons l'Afrique. - Après l'Afrique ? - Nous passerons en Asie, nous conquerrons l'Asie Mineure, l'Arabie. - Et après ? - Nous irons jusqu'aux Indes. - Après les Indes ? - Ah ! dit Pyrrhus, je me reposerai. - Pourquoi, dit Cinéas, ne pas vous reposer tout de suite ?" Cette anecdote illustre assez bien toute une sagesse : celle de l'"À quoi bon ?" Cependant, il faut que Pyrrhus décide. Il reste ou il part. S'il reste, que fera-t-il ? S'il part, jusqu'où ira-t-il ? "Il faut cultiver notre jardin" dit Candide. Ce conseil ne nous sera pas d'un grand secours. Car, quel est mon jardin ? Il y a des hommes qui prétendent labourer la terre entière ; et d'autres trouvent un pot de fleurs trop vaste. Comment savoir ce qui est mien ? Quelle est donc la mesure d'un homme ? Quels buts peut-il se proposer, et quels espoirs lui sont permis ? À ces questions, - et après avoir examiné quelques-unes des "fins suprêmes" de l'homme, - Dieu, l'humanité, "les autres", - Simone de Beauvoir fait une réponse qui affirme en les définissant les limites de l'humain : "Nous pouvons toujours nous échapper vers un "ailleurs", mais cet ailleurs est encore quelque part, au sein de notre condition humaine ; nous ne lui échappons jamais et nous n'avons aucun moyen de l'envisager du dehors pour la juger. Elle seule rend possible la parole. C'est avec elle que se définissent le bien et le mal ; les mots d'utilité, de progrès, de crainte n'ont de sens que dans un monde où le projet a fait apparaître des points de vue et des fins ; ils supposent ce projet et ne sauraient s'appliquer à lui. L'homme ne connaît rien d'autre que d'humain : à quoi donc le comparer ? quel homme pourrait juger l'homme ? Au nom de quoi parlerait-il ?" About the Author Simone de Beauvoir est née à Paris le 9 janvier 1908. Elle fit ses études jusqu'au baccalauréat dans le très catholique cours Désir. Agrégée de philosophie en 1929, elle enseigna à Marseille, à Rouen et à Paris jusqu'en 1943. C'est L'Invitée (1943) qu'on doit considérer comme son véritable début littéraire. Viennent ensuite Le sang des autres (1945), Tous les hommes sont mortels (1946), Les Mandarins (prix Goncourt 1954), Les Belles Images (1966) et La Femme rompue (1968). Simone de Beauvoir a écrit des mémoires où elle nous donne elle-même à connaître sa vie, son oeuvre. L'ampleur de l'entreprise autobiographique trouve sa justification, son sens, dans une contradiction essentielle à l'écrivain : choisir lui fut toujours impossible entre le bonheur de vivre et la nécessité d'écrire ; d'une part la splendeur contingente, de l'autre la rigueur salvatrice. Faire de sa propre existence l'objet de son écriture, c'était en partie sortir de ce dilemme. Outre le célèbre Deuxième sexe (1949) devenu l'ouvrage de référence du mouvement féministe mondial, l'oeuvre théorique de Simone de Beauvoir comprend de nombreux essais philosophiques ou polémiques. Après la mort de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir a publié La Cérémonie des adieux (1981) et les Lettres au Castor (1983) qui rassemblent une partie de l'abondante correspondance qu'elle reçut de lui. Jusqu'au jour de sa mort, le 14 avril 1986, elle a collaboré activement à la revue fondée par Sartre et elle-même, Les Temps Modernes, et manifesté sous des formes diverses et innombrables sa solidarité avec le féminisme.

von Stefan Zweig

Rédigé en 1941 au Brésil où le triomphe du nazisme en Autriche a contraint Zweig à émigrer, Le Monde d hier raconte une perte celle d un monde de sécurité et de stabilité apparentes, où chaque chose avait sa place dans un ordre culturel, politique et social qui nourrissait l illusion de l éternité. Un monde austro-hongrois et une ville sans égale, Vienne, qu engloutira le cataclysme de 1914. Dans ce qui est l un des plus grands livres-témoignages sur l évolution de l Europe de 1895 à 1941, Zweig retrace dans un va-et-vient constant la vie de la bourgeoisie juive éclairée, moderne, intégrée, et le destin de l Europe jusqu à son suicide, sous les coups du nationalisme, de l antisémitisme, de la catastrophe de la Première Guerre mondiale et de l effondrement de l Empire austro-hongrois, sans oublier le rattachement de Vienne au Reich national-socialiste. Ce tableau d un demi-siècle de l histoire de l Europe résume le sens d une vie, d un engagement d écrivain, d un idéal d une République de l intelligence par-dessus les frontières. Chemin faisant, le lecteur croise les amis de l auteur : Schnitzler, Rilke, Rolland, Freud, Verhaeren ou Valéry.

von László Krasznahorkai

Au cœur de la grande plaine hongroise balayée par le vent et l'incessante pluie d'automne, dans une ferme collective à l'abandon, quelques habitants végètent, s'épiant et complotant les uns contre les autres, lorsqu'une rumeur annonce le retour de deux autres personnages que l'on croyait morts. La nouvelle bouleverse ces êtres en manque de perspective ; certains y voient l'arrivée d'un messie, d'autres redoutent celle de Satan...Farce noire teintée d'ironie, ce roman, conçu comme un tango où les silhouettes entreraient les unes après les autres sur la piste de danse, nous plonge dans un voyage poétique peuplé de solitude et de mélancolie, une quête de vérité emplie d'humanité sur la place de notre existence face au temps.

von Charles Baudelaire

Avec Les Fleurs du Mal, Baudelaire nous invite a entrer dans un univers personnel bouleversant car il revele et met au jour ce qui nous habite ou nous hante. On y rencontre des personnages fascinants et inquietants, des realites sublimes et des choses abominables, on y est mene tantot tres haut et tantot tres bas, on y passe par toutes les emotions les plus intenses qu'il soit possible d'eprouver: la haine et l'amour, la joie et la depression melancolique, l'exaltation de l'Ideal et l'accablement du Spleen. La lecture de ce maudit livre est une veritable aventure, une experience interieure, un drame en cinq actes qui commence par une naissance et finit par la mort. Dans ce theatre de la cruaute et de la beaute, le lecteur devient spectateur passionne d'une scene interieure ou s'affrontent des personnages conceptuels: jamais la poesie lyrique n'aura ete aussi dramatique...

von Michel Foucault

Peut-être avons-nous honte aujourd'hui de nos prisons. Le XIXᵉ siècle, lui, était fier des forteresses qu'il construisait aux limites et parfois au coeur des villes. Elles figuraient toute une entreprise d'orthopédie sociale. Ceux qui volent, on les emprisonne ; ceux qui violent, on les emprisonne ; ceux qui tuent, également. D'où vient cette étrange pratique et le curieux projet d'enfermer pour redresser ? Un vieil héritage des cachots du Moyen Âge ? Plutôt une technologie nouvelle : la mise au point, du XVIᵉ au XIXᵉ siècle, de tout un ensemble de procédures pour quadriller, contrôler, mesurer, dresser les individus, les rendre à la fois "dociles et utiles". Surveillance, exercices, manoeuvres, notations, rangs et places, classements, examens, enregistrements, toute une manière d'assujettir les corps, de maîtriser les multiplicités humaines et de manipuler leurs forces s'est développée au cours des siècles classiques, dans les hôpitaux, à l'armée, dans les écoles, les collèges ou les ateliers : la discipline. Penser les relations de pouvoir aujourd'hui ne peut se faire sans prendre en compte l'ouvrage de Michel Foucault (1926-1984), devenu aussi indispensable à notre époque que le Léviathan de Hobbes le fut à l'époque moderne.