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von Louis Aragon
" La seule chose qu'il aima d'elle tout de suite, ce fut la voix. Une voix de contralto chaude, profonde, nocturne. Aussi mystérieuse que les yeux de biche sous cette chevelure d'institutrice. Bérénice parlait avec une certaine lenteur. Avec de brusques emballements, vite réprimés, qu'accompagnaient des lueurs dans les yeux comme des yeux d'onyx. Puis soudain, il semblait, très vite, que la jeune femme eût le sentiment de s'être trahie, les coins de sa bouche s'abaissaient, les lèvres devenaient tremblantes, enfin tout cela s'achevait par un sourire, et la phrase commencée s'interrompait, laissant à un geste gauche de la main le soin de terminer une pensée audacieuse, dont tout dans ce maintien s'excusait maintenant ".
von SARTRE
"Garcin : - Le bronze... (Il le caresse.) Eh bien, voici le moment. Le bronze est là, je le contemple et je com prends que je suis en enfer. Je vous dis que tout était prévu. Ils avaient prévu que je me tiendrais devant cette cheminée, pressant ma main sur ce bronze, avec tous ces regards sur moi. Tous ces regards qui me mangent... (Il se retourne brusquement.) Ha ! vous n'êtes que deux ? Je vous croyais beaucoup plus nombreuses. (Il rit.) Alors, c'est ça l'enfer. Je n'aurais jamais cru... Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril... Ah ! quelle plaisanterie. Pas besoin de gril : l'enfer, c'est les Autres."
von Albert Camus
Product Description "Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve. De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. Mais je poursuivis ma route, après une hésitation. [...] J'avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j'entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d'un corps qui s'abat sur l'eau. Je m'arrêtai net, mais sans me retourner. Presque aussitôt, j'entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descendait lui aussi le fleuve, puis s'éteignit brusquement." About the Author Albert Camus naît à Mondovi, en Algérie, le 7 novembre 1913. Pendant la seconde guerre mondiale, il intègre un mouvement de résistance à Paris, puis devient rédacteur en chef de quotidienCombat à la Libération. Journaliste, mais aussi philosophe, romancier et dramaturge, il reçoit le prix Nobel de littérature en 1957. Pour ce "Français d'Algérie" pauvre et sans racines, le tragique est indissociable de l'aspiration à un bonheur qu'il sait aussi précaire que le soleil de midi. S'il voue sa vie entière au théâtre (Caligula,L'État de siège,Les Justes), ses romans (L'Étranger,La Peste,La Chute) et son oeuvre de journaliste l'imposent comme l'un des principaux acteurs de son temps.Il meurt en 1960 dans un accident de voiture, laissant le manuscrit du Premier homme inachevé.
von Éléonore Devillepoix
A dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée.Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d ‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher…Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé.Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.
von Elsie Silver
Il est difficile de lui faire confiance… et encore plus de lui résister. Adulé et respecté, Theo Silva est une légende du bull riding, aussi célèbre pour ses exploits… que pour ses conquêtes. Lorsqu’il croise le chemin de Winter, cette dernière l’agace autant qu’elle le fascine. Quand il fait tout pour attirer son attention, elle ne cesse de le repousser. Pourtant, Theo en est convaincu : elle est celle qu’il lui faut. Winter Hamilton, médecin à Chestnut Springs, tente de se reconstruire après un mariage toxique. Décidée à tirer un trait sur les hommes, elle trouve refuge chez sa sœur, Summer. Mais elle n’avait pas prévu de rencontrer Theo, cet homme à la fois terriblement séduisant et insupportablement prétentieux. Malgré son charme, Winter reste persuadée qu’une histoire avec lui ne mènerait qu’à une nouvelle déception. Pourtant, la tension entre eux est irrésistible. Alors, pour une nuit, elle cède. Une seule nuit… du moins, c’est ce qu’ils s’étaient promis. Mais quelques semaines plus tard, un test de grossesse vient tout bouleverser…
von Romain Gary
"La cachette fut terminée aux premières lueurs de l'aube. C'était une aube mauvaise de septembre, mouillée de pluie ; les pins flottaient dans le brouillard, le regard n'arrivait pas jusqu'au ciel. Depuis un mois, ils travaillaient secrètement la nuit : les Allemands ne s'aventuraient guère hors des routes après le crépuscule, mais, de jour, leurs patrouilles exploraient souvent la forêt, à la recherche des rares partisans que la faim ou le désespoir n'avaient pas encore forcés à abandonner la lutte. Le trou avait trois mètres de profondeur, quatre de largeur..."
von Cora Reilly
Alors qu'elle accepte un mariage de convenance pour rétablir son honneur et apaiser les conflits, il doit choisir entre préserver la paix et se lancer dans une vendetta. Afin de sceller la paix avec le clan de la Camorra, Kiara Vitiello, issue de la Famiglia, se voit contrainte d'épouser Nino Falcone, réputé pour être un combattant impitoyable et un tueur sans scrupules. Un mariage auquel elle consent à contrecœur afin de racheter l'honneur terni de son nom depuis la trahison de son père. Cette décision la terrifie, car sa propre famille est la seule à maintenir la tradition du "sang sur les draps", une coutume selon laquelle le jeune marié doit présenter des draps tachés de sang le lendemain de la nuit de noces. Kiara, hantée à jamais par les abus subis dans son enfance, sait qu'il lui sera impossible de se conformer à cette tradition, risquant ainsi de déclencher une nouvelle guerre entre les familles. Elle redoute par-dessus tout la réaction de son futur époux, connu pour être dénué de sentiments… De son côté, Nino est confronté à de multiples choix : ne rien dire pour éviter de souffler sur les braises, renier sa jeune épouse… ou bien la venger.
von Elsie Silver
Ces fiançailles étaient censées n'être qu'une illusion... Et pourtant, la voilà éperdument amoureuse de son faux fiancé. Héros militaire au passé tourmenté, Beau Eaton est adulé partout où il passe. À 35 ans, il ne supporte plus les questions incessantes de sa famille sur sa vie sentimentale, et décide d’y mettre fin après un bref échange avec Bailey, une jeune serveuse à la situation compliquée. Une idée folle germe dans son esprit : et s’ils se fiançaient pour de faux ? Pour Bailey Jansen, cette proposition tombe à point nommé. Fille d’une mère absente et d’un père mêlé à des affaires illégales, elle a toujours dû se battre pour s’en sortir. Se lier à Beau lui offre une chance unique de redorer sa réputation et de reprendre sa vie en main. Leur plan est simple : se fiancer, profiter des avantages… puis rompre avant le mariage. Mais lorsqu’ils sont seuls, les limites avec la réalité s’estompent… Et bientôt, ce qui n’aurait dû être qu’un mensonge devient leur plus grande vérité.
von Albert Camus
"Caligula : C'est une vérité toute simple et toute claire, un peu bête, mais difficile à découvrir et lourde à porter.Hélicon : Et qu'est-ce donc que cette vérité, Caïus ?Caligula : Les hommes meurent et ils ne sont pas heureux.Hélicon : Allons, Caïus, c'est une vérité dont on s'arrange très bien. Regarde autour de toi. Ce n'est pas cela qui les empêche de déjeuner.Caligula : Alors, c'est que tout, autour de moi, est mensonge, et moi, je veux qu'on vive dans la vérité !"
von Victor Hugo, Gallimard
«Il était là, grave, immobile, absorbé dans un regard et dans une pensée. Tout Paris était sous ses pieds, avec les mille flèches de ses édifices et son circulaire horizon de molles collines, avec son fleuve qui serpente sous ses ponts et son peuple qui ondule dans ses rues, avec le nuage de ses fumées, avec la chaîne montueuse de ses toits qui presse Notre-Dame de ses mailles redoublées. Mais dans toute cette ville, l'archidiacre ne regardait qu'un point du pavé :la place du Parvis ; dans toute cette foule, qu'une figure : la bohémienne.Il eût été difficile de dire de quelle nature était ce regard, et d'où venait la flamme qui en jaillissait. C'était un regard fixe, et pourtant plein de trouble et de tumulte. Et à l'immobilité profonde de tout son corps, à peine agité par intervalles d'un frisson machinal, comme un arbre au vent, à la roideur de ses coudes plus marbre que la rampe où ils s'appuyaient, à voir le sourire pétrifié qui contractait son visage, on eût dit qu'il n'y avait plus dans Claude Frollo que les yeux du vivant.»