Empfehlungen basierend auf "Le dernier printemps"

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von Louis Aragon

" La seule chose qu'il aima d'elle tout de suite, ce fut la voix. Une voix de contralto chaude, profonde, nocturne. Aussi mystérieuse que les yeux de biche sous cette chevelure d'institutrice. Bérénice parlait avec une certaine lenteur. Avec de brusques emballements, vite réprimés, qu'accompagnaient des lueurs dans les yeux comme des yeux d'onyx. Puis soudain, il semblait, très vite, que la jeune femme eût le sentiment de s'être trahie, les coins de sa bouche s'abaissaient, les lèvres devenaient tremblantes, enfin tout cela s'achevait par un sourire, et la phrase commencée s'interrompait, laissant à un geste gauche de la main le soin de terminer une pensée audacieuse, dont tout dans ce maintien s'excusait maintenant ".

von Edouard Louis

"Mon frère a passé une grande partie de sa vie à rêver. Dans son univers ouvrier et pauvre où la violence sociale se manifestait souvent par la manière dont elle limitait les désirs, lui imaginait qu'il deviendrait un artisan mondialement connu, qu'il voyagerait, qu'il ferait fortune, qu'il réparerait des cathédrales, que son père, qui avait disparu, reviendrait et l'aimerait. Ses rêves se sont heurtés à son monde et il n'a pu en réaliser aucun. Il voulait fuir sa vie plus que tout mais personne ne lui avait appris à fuir et tout ce qu'il était, sa brutalité, son comportement avec les femmes et avec les autres, le condamnait ; il ne lui restait que les jeux de hasard et l'alcool pour oublier. A trente-huit ans, après des années d'échecs et de dépression, il a été retrouvé mort sur le sol de son petit studio. Ce livre est l'histoire d'un effondrement."--

von SARTRE

"Garcin : - Le bronze... (Il le caresse.) Eh bien, voici le moment. Le bronze est là, je le contemple et je com prends que je suis en enfer. Je vous dis que tout était prévu. Ils avaient prévu que je me tiendrais devant cette cheminée, pressant ma main sur ce bronze, avec tous ces regards sur moi. Tous ces regards qui me mangent... (Il se retourne brusquement.) Ha ! vous n'êtes que deux ? Je vous croyais beaucoup plus nombreuses. (Il rit.) Alors, c'est ça l'enfer. Je n'aurais jamais cru... Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril... Ah ! quelle plaisanterie. Pas besoin de gril : l'enfer, c'est les Autres."

von Edouard Louis

« Une question s’est imposée au centre de ma vie, elle a concentré toutes mes réflexions, occupé tous les moments où j’étais seul avec moi-même : comment est-ce que je pouvais prendre ma revanche sur mon passé, par quels moyens ? J’essayais tout. »É. L.Édouard Louis est l’auteur de plusieurs livres autobiographiques. Il est également un des traducteurs de la poétesse canadienne Anne Carson.

von Simone de Beauvoir, Gallimard Folio edition

"La journée du mardi se passa bien. La nuit, maman fit des cauchemars. "On me met dans une boîte", disait-elle à ma soeur. "Je suis là, mais je suis dans la boîte. Je suis moi, et ce n'est plus moi. Des hommes emportent la boîte !" Elle se débattait : "Ne les laisse pas m'emporter !" Longtemps Poupette a gardé la main posée sur son front : "Je te promets. Ils ne te mettront pas dans la boîte." Elle a réclamé un supplément d'Équanil. Sauvée enfin de ses visions, maman l'a interrogée : "Mais qu'est-ce que ça veut dire, cette boîte, ces hommes ? - Ce sont des souvenirs de ton opération ; des infirmiers t'emportent sur un brancard." Maman s'est endormie."

von Albert Cohen

"Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d'eux seuls préoccupés, goûtaient l'un à l'autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d'être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s'admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante, exceptionnelle, femme aimée, parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvées, qui lui murmurait qu'ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà, oui, c'était cela, amoureux, et il lui murmurait qu'il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu'ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu'ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d'elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs ils se verraient." Ariane devant son seigneur, son maître, son aimé Solal, tous deux entourés d'une foule de comparses : ce roman n'est rien de moins que le chef-d'oeuvre de la littérature amoureuse de notre époque.

von Simone de Beauvoir

"Les gens heureux n'ont pas d'histoire. C'est dans le désarroi, la tristesse, quand on se sent brisé ou dépossédé de soi-même qu'on éprouve le besoin de se raconter. J'ai voulu faire entendre ici la voix de trois femmes qui se débattent avec des mots dans des situations sans issue. L'une bute contre une inéluctable fatalité, celle de l'âge. La seconde conjure par un monologue paraphrénique la solitude où l'a jetée son égoïsme éperdu. La femme rompue est la victime stupéfaite de la vie qu'elle s'est choisie : une dépendance conjugale qui la laisse dépouillée de tout et de son être même quand l'amour lui est refusé. On chercherait en vain des moralités dans ces récits ; proposer des leçons, non ; mon intention était tout autre. On ne vit qu'une vie mais par la sympathie on peut parfois sortir de sa peau. J'ai souhaité communiquer à mes lecteurs certaines expériences auxquelles j'ai ainsi participé. Je me sens solidaire des femmes qui ont assumé leur vie et qui luttent pour la réussir ; mais cela ne m'empêche pas - au contraire - de m'intéresser à celles qui l'ont plus ou moins manquée et, de manière générale, à cette part d'échec qu'il y a dans toute existence." Simone de Beauvoir.

von Kathrine Kressmann Taylor

Martin Schulse et Max Eisentein, deux amis d'enfance, possèdent une galerie d'art à San Francisco. Malgré la crise qui a frappé les Etats-Unis puis le reste du monde depuis 1929, l'affaire marche plutôt bien. Martin, qui avait le mal du pays, rentre chez lui, à Munich. Max continue à faire tourner la boutique. Tout irait pour le mieux, mais en janvier 1933, le maréchal Hindenburg nomme à la chancellerie le chef du parti nazi, un certain Adolf Hitler. Max, qui est juif et qui s'inquiète pour sa soeur restée en Allemagne, demande à son grand ami Martin de veiller sur elle. Maurice Bénichou est Max. Sa voix, d'abord chaleureuse et pleine de nostalgie, devient inquiète, pressante, implorante même. A l'heure de la vengeance, elle est froide et implacable. Martin, c'est Gérard Desarthe. Son ton change aussi de mois en mois. Il devient enthousiaste, puis cassant, arrogant, méprisant, sûr d'appartenir à la race des seigneurs.

von Milan Kundera

Nouvelle édition revue par l'auteur

von Mercedes Ron

Il y a trois mois, ma mère m'a annoncé que nous déménagions en Californie, chez son nouveau mari millionnaire. Non, ce n'est pas le rêve, c'est un cauchemar ! Je dois quitter mes amis, mon copain et, par-dessus le marché, j'hérite d'un "demi-frère"... Nick a tout pour me déplaire. Surtout quand je découvre son secret, sa double vie : courses de voiture, filles, bagarres... En plus d'être un gosse de riches, Nick est dangereux. Et puis un jour je me retrouve mêlée à son univers malgré moi. Alors mes certitudes se mettent à vaciller et ma vie à basculer... [4e de couv.]