Empfehlungen basierend auf "L'Histoire de l'érotisme"

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von Annie Ernaux

Elle a trente ans, elle est professeur, mariée à un «cadre», mère de deux enfants. Elle habite un appartement agréable. Pourtant, c'est une femme gelée. C'est-à-dire que, comme des milliers d'autres femmes, elle a senti l'élan, la curiosité, toute une force heureuse présente en elle se figer au fil des jours entre les courses, le dîner à préparer, le bain des enfants, son travail d'enseignante. Tout ce que l'on dit être la condition «normale» d'une femme.

von Simone de Beauvoir

"Je rêvais d'être ma propre cause et ma propre fin ; je pensais à présent que la littérature me permettrait de réaliser ce voeu. Elle m'assurerait une immortalité qui compenserait l'éternité perdue ; il n'y avait plus de Dieu pour m'aimer, mais je brûlerais dans des millions de coeurs. En écrivant une oeuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence. En même temps, je servirais l'humanité : quel plus beau cadeau lui faire que des livres ? Je m'intéressais à la fois à moi et aux autres ; j'acceptais mon "incarnation" mais je ne voulais pas renoncer à l'universel : ce projet conciliait tout ; il flattait toutes les aspirations qui s'étaient développées en moi au cours de ces quinze années."

von Albert Cohen

Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d'eux seuls préoccupés, goûtaient l'un à l'autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d'être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s'admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante, exceptionnelle, femme aimée, parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvées, qui lui murmurait qu'ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà, oui, c'était cela, amoureux, et il lui murmurait qu'il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu'ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu'ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d'elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs ils se verraient.»Ariane devant son seigneur, son maître, son aimé Solal, tous deux entourés d'une foule de comparses : ce roman n'est rien de moins que le chef-d' uvre de la littérature amoureuse de notre époqu

von Josya Savigneau

"Solitude... Je ne crois pas comme ils croient, je ne vis pas comme ils vivent, je n'aime pas comme ils aiment... Je mourrai comme ils meurent", écrivait Marguerite Yourcenar à trente ans. Personnage principal d'un roman patiemment construit - sa vie -, Marguerite Yourcenar, première femme à entrer à l'Académie française, a traversé le siècle avec une liberté singulière, aventureuse, obstinée.

von Tahar Ben Jelloun

Juillet 1971, le narrateur participe au coup d'État fomenté contre le roi Hassan II. Échec cinglant, direction le bagne de Tazmamart et ses conditions d'incarcération inhumaines. Cinquante-huit soldats sont ainsi condamnés à la mort lente. Commencent alors dix-huit années d'humiliations quotidiennes pour les candidats à la survie : faim, obscurité, odeurs nauséabondes, déchéance physique, folie, souffrances indicibles, les détenus malgré tout tentent de s'organiser, profitant notamment de l'enterrement de l'un des leurs pour jouir quelques minutes de la lumière du jour. Un jour viendra où je serai sans haine, où je serai enfin libre et je dirai tout ce que j'ai enduré. Je l'écrirai ou le ferai écrire par quelqu'un, pas pour me venger, mais pour informer, pour verser une pièce au dossier de notre histoire, dit le narrateur. Trente ans plus tard, son voeu est exaucé : Tahar Ben Jelloun s'empare de ce témoignage pour en tirer un roman et faire la lumière sur les atrocités inavouables du régime marocain.

von Albert Cohen

"Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d'eux seuls préoccupés, goûtaient l'un à l'autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d'être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s'admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante, exceptionnelle, femme aimée, parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvées, qui lui murmurait qu'ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà, oui, c'était cela, amoureux, et il lui murmurait qu'il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu'ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu'ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d'elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs ils se verraient." Ariane devant son seigneur, son maître, son aimé Solal, tous deux entourés d'une foule de comparses : ce roman n'est rien de moins que le chef-d'oeuvre de la littérature amoureuse de notre époque.

von Michel Montaigne

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von Victor Hugo

Gwynplaine a la bouche fendue jusqu'aux oreilles par une horrible cicatrice. C'est l'ouvre des comprachicos, des trafiquants d'enfants à qui il a été vendu. Recueilli par un saltimbanque avec la petite Dea, une orpheline aveugle, il devient la vedette de spectacles ambulants. Quand il découvre l'incroyable vérité sur sa naissance, le destin de «l'Homme qui rit» bascule... Saura-t-il rester fidèle à ceux qui l'aiment pour ce qu'il est vraiment ? Un héros saisissant, une ouvre puissante proposée en version abrégée. [4e de couverture]

von László Krasznahorkai

Au cœur de la grande plaine hongroise balayée par le vent et l'incessante pluie d'automne, dans une ferme collective à l'abandon, quelques habitants végètent, s'épiant et complotant les uns contre les autres, lorsqu'une rumeur annonce le retour de deux autres personnages que l'on croyait morts. La nouvelle bouleverse ces êtres en manque de perspective ; certains y voient l'arrivée d'un messie, d'autres redoutent celle de Satan...Farce noire teintée d'ironie, ce roman, conçu comme un tango où les silhouettes entreraient les unes après les autres sur la piste de danse, nous plonge dans un voyage poétique peuplé de solitude et de mélancolie, une quête de vérité emplie d'humanité sur la place de notre existence face au temps.

von Philippe Ariès

L’homme devant la mort2. La mort ensauvagéeParu en 1977, le livre a connu immédiatement un succès très important : résultat de quinze ans de travaux sur plus d'un millénaire d'histoire occidentale, cette somme a animé et dominé un vaste mouvement de recherches et de publications sur les attitudes face à la mort.Le gros volume de la première édition est repris intégralement dans « Points Histoire » en deux volumes :1. Le temps des gisants2. La mort ensauvagéePhilippe Ariès (1914-1984)Célèbre pionnier de l’« histoire des mentalités », il s’est imposé par des ouvrages devenus des classiques, notamment, dans la collection « Points Histoire », L’Enfant et la Vie familiale sous l’Ancien Régime (1975).