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von Albert Camus
"Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide." Avec cette formule foudroyante, qui semble rayer d'un trait toute la philosophie, un jeune homme de moins de trente ans commence son analyse de la sensibilité absurde. Il décrit le "mal de l'esprit" dont souffre l'époque actuelle : "L'absurde naît de la confrontation de l'appel humain avec le silence déraisonnable du monde."
von Angie Thomas, Nathalie Bru (Traduction)
Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythme par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycee blanc situe dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand ecart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en eclats le soir ou son ami d'enfance Khalil est tue. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule temoin. Et tandis que son quartier s'embrase, tandis que la police cherche a enterrer l'affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu'elle se taise, Starr va apprendre a surmonter son deuil et sa colere ; et a redresser la tete.
von Paul Eluard, Paul Beluard
"Parler aux hommes le langage de tous les hommes et leur parler cependant un langage tout neuf, infiniment précieux et simple pourtant comme le pain de la vie quotidienne, nul poète, avant Éluard, ne l'avait fait si naturellement. Transmuer en une sorte d'or vierge l'aspect des joies et des douleurs communes à tous, pour en faire éclater la splendeur unique, Éluard fut capable de cela plus intensément et plus aisément que nul autre. L'amour la poésie, ce titre (que je trouve follement beau), n'est-ce pas la formule exacte qui en coiffant impérieusement la vie permet de la renouveler ? La plupart des poètes ont célébré l'amour. Combien sont-ils, à la réflexion, qui l'aient porté en eux toujours et qui en aient imprégné leur oeuvre à la manière d'Éluard ? Capitale de la douleur, L'amour la poésie, je vois en ces livres des tableaux de la vie commune telle que par l'amour elle est rendue poétique, c'est-à-dire illuminée. Il n'est personne qui, pour un temps bref au moins, n'ait fait l'expérience de pareille illumination, mais les avares et les prudents ont la règle de rabaisser les yeux au plus vite, tandis que la leçon d'Éluard est de substituer définitivement le monde ainsi transfiguré à l'ancien et de s'en mettre plein la vue et plein les doigts sans avoir peur de se déchirer à ses aigus sommets." André Pieyre de Mandiargues.
von Daniel Pennac
"Si les vieilles dames se mettent à buter les jeunots, si les doyens du troisième âge se shootent comme des collégiens, si les commissaires divisionnaires enseignent le vol à la tire à leurs petits-enfants, et si on prétend que tout ça c'est ma faute, moi, je pose la question : où va-t-on ?" Ainsi s'interroge Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel, payé pour endosser nos erreurs à tous, frère de famille élevant les innombrables enfants de sa mère, coeur extensible abritant chez lui les vieillards les plus drogués de la capitale, amant fidèle, ami infaillible, maître affectueux d'un chien épileptique, Benjamin Malaussène, l'innocence même ("l'innocence m'aime") et pourtant... pourtant, le coupable idéal pour tous les flics de la capitale.
von Éléonore Devillepoix
A dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée.Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d ‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher…Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé.Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.
von Leïla Slimani
"Année après année, Mathilde revint à la charge. Chaque été, quand soufflait le chergui et que la chaleur, écrasante, lui portait sur les nerfs, elle lançait cette idée de piscine qui révulsait son époux. Ils ne faisaient aucun mal, ils avaient bien le droit de profiter de la vie, eux qui avaient sacrifié leurs plus belles années à la guerre puis à l'exploitation de cette ferme. Elle voulait cette piscine, elle la voulait en compensation de ses sacrifices, de sa solitude, de sa jeunesse perdue." 1968 : à force de ténacité, Amine a fait de son domaine aride une entreprise florissante. Il appartient désormais à une nouvelle bourgeoisie qui prospère, fait la fête et croit en des lendemains heureux. Mais le Maroc indépendant peine à fonder son identité nouvelle, déchiré entre les archaïsmes et les tentations illusoires de la modernité occidentale, entre l'obsession de l'image et les plaies de la honte. C'est dans cette période trouble, entre hédonisme et répression, qu'une nouvelle génération va devoir faire des choix. Regardez-nous danser poursuit et enrichit une fresque familiale vibrante d'émotions, incarnée dans des figures inoubliables.
von Jorge Semprun
"Il y a cet entassement des corps dans le wagon, cette lancinante douleur dans le genou droit. Les jours, les nuits. Je fais un effort et j'essaye de compter les jours, de compter les nuits. Ça m'aidera peut-être à y voir clair. Quatre jours, cinq nuits. Mais j'ai du mal à compter ou alors il y a des jours qui se sont changés en nuits. J'ai des nuits en trop ; des nuits à revendre. Un matin, c'est sûr, c'est un matin que ce voyage a commencé..."
von Victor Hugo, Gallimard
«Il était là, grave, immobile, absorbé dans un regard et dans une pensée. Tout Paris était sous ses pieds, avec les mille flèches de ses édifices et son circulaire horizon de molles collines, avec son fleuve qui serpente sous ses ponts et son peuple qui ondule dans ses rues, avec le nuage de ses fumées, avec la chaîne montueuse de ses toits qui presse Notre-Dame de ses mailles redoublées. Mais dans toute cette ville, l'archidiacre ne regardait qu'un point du pavé :la place du Parvis ; dans toute cette foule, qu'une figure : la bohémienne.Il eût été difficile de dire de quelle nature était ce regard, et d'où venait la flamme qui en jaillissait. C'était un regard fixe, et pourtant plein de trouble et de tumulte. Et à l'immobilité profonde de tout son corps, à peine agité par intervalles d'un frisson machinal, comme un arbre au vent, à la roideur de ses coudes plus marbre que la rampe où ils s'appuyaient, à voir le sourire pétrifié qui contractait son visage, on eût dit qu'il n'y avait plus dans Claude Frollo que les yeux du vivant.»
von Simone de Beauvoir
"Les gens heureux n'ont pas d'histoire. C'est dans le désarroi, la tristesse, quand on se sent brisé ou dépossédé de soi-même qu'on éprouve le besoin de se raconter. J'ai voulu faire entendre ici la voix de trois femmes qui se débattent avec des mots dans des situations sans issue. L'une bute contre une inéluctable fatalité, celle de l'âge. La seconde conjure par un monologue paraphrénique la solitude où l'a jetée son égoïsme éperdu. La femme rompue est la victime stupéfaite de la vie qu'elle s'est choisie : une dépendance conjugale qui la laisse dépouillée de tout et de son être même quand l'amour lui est refusé. On chercherait en vain des moralités dans ces récits ; proposer des leçons, non ; mon intention était tout autre. On ne vit qu'une vie mais par la sympathie on peut parfois sortir de sa peau. J'ai souhaité communiquer à mes lecteurs certaines expériences auxquelles j'ai ainsi participé. Je me sens solidaire des femmes qui ont assumé leur vie et qui luttent pour la réussir ; mais cela ne m'empêche pas - au contraire - de m'intéresser à celles qui l'ont plus ou moins manquée et, de manière générale, à cette part d'échec qu'il y a dans toute existence." Simone de Beauvoir.
von Albert Camus
Product description Albert Camus, écrivain français né à Mondovie (Algérie) le 07 novembre 1913, décédé à Villeblevin le 04 janvier 1960. Fils de Lucien Camus, ouvrier agricole mort pendant la Grande Guerre, et de Catherine Sintes, jeune servante d'origine espagnole, Albert Camus grandit à Alger et obtient son bac en 1932 avant de faire des études de philosophie. En 1936, il fonde le Théâtre du Travail et écrit avec trois amis 'Révolte dans les Asturies', une pièce qui sera interdite. Il intègre un mouvement de Résistance à Paris durant la Seconde Guerre mondiale, et devient rédacteur en chef du journal Combat à la Libération. 'La Peste' est publié en 1947 et connaît un très grand succès. Son oeuvre - articulée autour des thèmes de l'absurde et de la révolte - est indissociable de ses prises de position publiques concernant le franquisme, le communisme, le drame algérien... Passionné de théâtre, Camus adapte également sur scène 'Requiem pour une nonne' de Faulkner. Il obtient le Prix Nobel de littérature en 1957 'pour l'ensemble d'une oeuvre qui met en lumière, avec un sérieux pénétrant les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes' et meurt tragiquement trois ans plus tard, dans un accident de voiture. (Source Evene) Quelques oeuvres : Révolte dans les Asturies (théâtre, 1936) La Mort heureuse (roman, 1936-1939) L'Étranger (roman, 1942) Le Mythe de Sisyphe (essai, 1942) La Peste (roman, 1947) L'Homme révolté (essai, 1951) L'Eté (essai, 1954) La Chute (roman, 1956) Les Possédés (théâtre, 1959)